Fabrina : « J’ai décidé de ne plus parler pour ne plus vivre cela »

Fabrina, 24 ans, étudiante en Humanité et Développement durable à l’Université de Toamasina

Enfant, Fabrina s’était promis de ne plus parler. À 24 ans, étudiante en Master 1 Humanité et Développement durable à l’Université de Toamasina, elle coordonne des projets, prend la parole en public et défend les droits des femmes.

Savoir prendre la parole, travailler en équipe, conduire un projet : ces compétences transversales comptent autant que les diplômes aux yeux des employeur·euses. Elles s’apprennent, et peuvent transformer un parcours. Celui de Fabrina en témoigne : la jeune fille qui s’était promis de se taire coordonne aujourd’hui des projets.

 

Le bégaiement, un complexe, le silence, un refuge

Petite, Fabrina bégayait beaucoup. Elle restait bloquée sur certaines syllabes. À l’école, les rires éclataient dès qu’elle prenait la parole.

💬 « Quand j’essayais de parler, les enfants se moquaient de moi. Alors j’ai décidé de ne plus parler pour ne plus vivre cela. »

Pendant des années, le bégaiement devient un complexe et le silence un refuge. Les études, elles, restent un espace de confiance : en primaire, elle figure régulièrement parmi les trois premières de sa classe.

 

L’art oratoire pour reprendre confiance

Au lycée, elle fait un choix audacieux : elle se lance dans les concours d’art oratoire et de speech.

💬 « Prendre la parole en public est un vrai défi, mais c’est aussi une manière de reprendre confiance. J’ai beaucoup de choses à dire et ces concours m’ont aidée à faire passer des messages à ma façon. »

Il lui faudra pourtant attendre l’université pour comprendre que son bégaiement n’était pas de sa faute. « Même si les gens jugent facilement, je ne me laisse plus faire. »

 

Un chemin non linéaire jusqu’à TAFA

Après le bac, elle commence l’agronomie mais comprend vite que ce n’est pas sa voie. Elle travaille ensuite dans un centre d’appels, découvre le monde professionnel et réalise qu’elle veut aller plus loin. En 2022, elle choisit la filière Humanité et Développement durable.

En troisième année, un ami lui parle de TAFA. Elle suit des formations en leadership, art oratoire, développement personnel et gestion de projet.

💬 « Les formations complètent mes cours. C’est vraiment une chance. J’ai obtenu une certification Pix et surtout développé mon réseau. »

 

Coordonner, s’engager, faire entendre sa voix

Celle qui s’était tue apprend à coordonner et à prendre des responsabilités. Dans le projet MIRAY – Ensemble pour l’inclusion, elle pilote les journées de bénévolat dans des centres accueillant des personnes en situation de handicap.

💬 « Les jeunes étaient motivé·es et voulaient que ces initiatives se poursuivent. Ces activités sont importantes pour espérer vivre dans une société en harmonie. »

Depuis trois ans, Fabrina est aussi membre de l’association Nifin’Akanga, engagée pour les droits des femmes et la dépénalisation de l’avortement. « En plus de la discrimination, j’ai vécu du harcèlement. Avec l’association, je peux participer à la vie de la société et faire entendre la voix des femmes. »

Son ambition : travailler dans l’humanitaire, puis rejoindre une organisation internationale.

 

Comprendre : le parcours TAFA, des compétences pour l’emploi

Dans les universités d’Antananarivo, de Toamasina et de Fianarantsoa, le parcours TAFA complète les cursus académiques par :

  • Des ateliers de compétences transversales : leadership, art oratoire, développement personnel, gestion de projet ;
  • La certification numérique PIX : 191 étudiant·es sur les 275 du parcours l’ont déjà obtenue ;
  • La certification en langue française (DELF et DALF), en partenariat avec les Alliances françaises ;
  • Une attestation de réussite TAFA, qui valorise l’ensemble du parcours.

Ces compétences se mettent ensuite en pratique dans des projets concrets, comme MIRAY – Ensemble pour l’inclusion, porté par les étudiant·es de Toamasina.

 

Découvrez comment TAFA aide les étudiant·es à faire reconnaître leurs compétences grâce aux certifications.

Le projet TAFA est financé par l’Ambassade de France à Madagascar et porté par l’Agence universitaire de la Francophonie – Afrique Australe et Océan Indien et Humanité & Inclusion – Programme Madagascar, en partenariat avec le Réseau ZARA.

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