Rodolphe : « L’idée d’abandonner n’était plus dans mes projets »

À 26 ans, Rodolphe est étudiant en Master 1 d’informatique à l’Université de Toamasina, un cursus qu’il a dû suspendre pour raisons de santé. Engagé pour l’inclusion, il se bat pour que les employeur·euses lui laissent sa chance.
Des diplômes, des compétences, de l’engagement… et pourtant, parfois, pas même un entretien. Pour de nombreux jeunes en situation de handicap, le principal obstacle à l’emploi n’est pas le handicap, mais le regard porté sur lui. Rodolphe le constate et le dénonce.
Les études, une conviction transmise
Originaire de Vavatenina, à 130 km au nord de Toamasina, Rodolphe est l’aîné de quatre enfants. Ses parents travaillent loin, dans les campagnes. Sa grand-mère paternelle l’élève et lui transmet la conviction qui guidera sa vie : les études sont la clé de son avenir. Atteint de troubles de l’équilibre et de l’élocution, il apprend à marcher seulement à 4 ans.
À l’école, l’abandon n’est plus une option
Ses premières années d’école sont difficiles. Les moqueries le poussent à vouloir tout arrêter. « Chaque vendredi, au retour de mon père, je lui disais que je ne voulais plus aller à l’école. » Certains adultes pensent qu’il ne suivra pas. À partir de la 9e, il leur donne tort et se maintient parmi les dix premiers de sa classe.
💬 « À partir de cette époque, l’idée d’abandonner n’était plus dans mes projets ! »
Passionné de mathématiques, il sait qu’il ne pourra pas travailler la terre comme ses parents. L’éducation devient sa voie d’émancipation. Ses frères, très protecteurs, l’épaulent, et il se décrit aujourd’hui comme sociable et bien entouré.
L’informatique, une discipline à sa mesure
À l’université, il commence par les mathématiques, son rêve d’adolescent, puis passe à l’informatique. « Cette discipline correspond mieux à mes capacités et à mes aspirations. » Rester debout longtemps lui est difficile ; l’informatique lui permet de travailler assis, et ses tremblements ne l’empêchent pas d’utiliser un ordinateur. L’administration se montre d’abord réticente, mais l’intégration avec les étudiant·es est facile.
En deuxième année, il devient intervenant social pour Humanité & Inclusion à Soanierana Ivongo, une expérience qui renforce sa confiance.

Du parcours TAFA au projet MIRAY
En 2025, président de l’Association des étudiant·es en situation de handicap de Barikadimy, il répond à un appel de l’AUF et intègre le parcours TAFA : leadership, entrepreneuriat, création de projets.
💬 « Toutes ces connaissances, je les ai mises en pratique dans notre projet MIRAY – Ensemble pour l’inclusion. »
Au programme : des journées de bénévolat dans des centres pour enfants en situation de handicap, un tournoi de basket et un concours d’éloquence. Rodolphe dirige le comité de suivi et d’évaluation.
L’emploi, le combat à venir
Reste l’accès à l’emploi.
💬 « Les préjugés sont encore très présents chez certains employeurs. Parfois, ils ne nous laissent même pas passer les entretiens. Il faut poursuivre la sensibilisation. »
Il espère reprendre son Master en 2027. Son ambition reste intacte : devenir responsable informatique dans une entreprise.
Comprendre : déconstruire les idées reçues sur le recrutement inclusif
Pour accompagner les employeur·euses, TAFA propose un Soutien Technique en Inclusion (STI) : diagnostic, plan d’amélioration, sensibilisation des équipes RH et accueil d’alternant·es. |
Recruteur·euses, et si vous donniez sa chance à un talent comme Rodolphe ? Contactez l’équipe TAFA via le formulaire du site.
Le projet TAFA est financé par l’Ambassade de France à Madagascar et porté par l’Agence universitaire de la Francophonie – Afrique Australe et Océan Indien et Humanité & Inclusion – Programme Madagascar, en partenariat avec le Réseau ZARA.
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